Technique de préparation mentale (2) en ultra trail

Technique de préparation mentale (2) en ultra trail

6 décembre 2018 0 Par Frédéric

Le “Body Scan” 2 : une technique de préparation mentale et physique pour éviter les blessures en trail…

Dans mon article précédent sur le “Body Scan”, je vous expliquais ce qu’était cette technique de préparation mentale et comment la mettre en oeuvre. J’annonçais également un gros week-end de trail en perspective tout en vous promettant un résumé… Le récit de ce grand défi ménestrail va être rapide, puisque je me suis résolu à ne pas le faire! Je vous explique pourquoi et quel rôle a joué cette technique de préparation mentale dans cette décision.

Ecoutez ce que vous dit votre corps et votre esprit, et pas seulement ce que vous avez envie d’entendre!

En appliquant cette technique lors de mes entraînements, j’avais pu déceler :

  • Physiquement :
  • Des douleurs évidentes aux chevilles. Normal je me les étais foulé! Fondamentalement, cela ne me paraissait rédhibitoire : avec un bon bandage, on peut les protéger. Mais j’avais aussi la sensation que mes appuis n’étaient pas bons avec l’impression que je pourrais me les tordre à nouveau.
  • Des tensions au niveau des mollets, mais sans douleurs.
  • Des tensions au niveau des ischios, dont un était douloureux, mais soigné par un kiné.
  • Une zone lombaire légèrement douloureuse
  • des muscles dorsaux tendus et manquant de souplesse…
  • Mentalement :
  • Du fait des constats précédents, un manque de confiance face à l’épreuve à venir. Je rappelle qu’il s’agissait d’un trail de 34 km en nocturne le samedi et 54 km le dimanche matin…
  • Un risque de sur blessure très probable
  • l’envie de faire la course tout de même : je ne me suis pas entraîné pendant des mois pour abandonner maintenant!
  • Une petite voix qui me dit : “eh oh, la course à pied, c’est ta passion, pas ton métier ou un sacerdoce!”. Détermination ou obstination?

Dans le doute, prenez un avis extérieur… le plus avisé possible!

A défaut de réussir à prendre une décision par moi-même, je décidais donc de m’en remettre complètement à l’avis éclairé de mon ostéopathe. La question étant finalement : qu’est ce qui est le meilleur pour moi et pour la suite de ma saison?

L’avantage en pratiquant cette technique du “body scan” est que cela facilite grandement le travail de ceux (médecin, kiné, ostéo, nutritionniste, etc…) qui nous accompagnent! Le questionnement habituel de mon ostéo va plus vite, puisque je peux lui donner toutes les informations de manière suffisamment précises sur mes sensations, douleurs, etc… Il fait donc son diagnostic rapidement et on peut passer à la “palpation” pour vérifier et confirmer les hypothèses, au traitement et aux recommandations.

Le diagnostic de mon ostéo est donc vite fait :

  • Plus qu’une foulure, j’ai bien une entorse bénigne à la cheville. Ce n’est pas la première entorse que je me fais, et l’ostéo constate immédiatement que les précédentes n’ont pas suffisamment été soigné… Manque total de souplesse, tensions des tendons au mollet, vérouillage des chevilles…
  • répercussion sur les genoux
  • zone lombaire vérouillée
  • Des ischios surtendus du fait des tensions dans les mollets et les lombaires. Je comprends mieux pourquoi le traitement localisé de mes ischio par un kiné soit si peu concluant…
  • Déséquilibre musculaire côté gauche/côté droit en particulier au niveau des muscles dorsaux…

Bref, l’avis de l’ostéopathe est très clair : courir avec une entorse est faisable en la protégeant, mais compte tenu de mon état général, le risque de sur blessure est évident… Les préconisations : repos des chevilles pendant 3 semaines, stretching, et renforcements musculaires ciblés.

La préparation mentale vous aide a bien choisir ses objectifs et à prendre les décisions en conséquence.

Je me sentais malgré tout capable de faire cette course et c’était l’objectif ultime de fin d’année. Dans le même temps, je l’envisageais comme une étape dans ma préparation pour mon prochain ultra trail. Cette re-contextualisation m’a permis de hiérarchiser mes objectifs : cette préparation est plus importante pour moi que cette course.

Je tenais à faire cette course et mon orgueil n’aime pas le goût de l’abandon, surtout sans avoir essayé. Mais avec un ultra trail dans moins de 5 mois, je ne peux prendre le risque d’aggraver une blessure ou de m’en créer de nouvelles. Par ailleurs, j’ai besoin de me sentir bien et d’être en confiance. En course à pieds d’endurance, c’est important d’être bien dans ses baskets ! J’ai pu mesurer grâce à cet outil de préparation mentale, que ce manque d’assurance dans son physique avait un impact direct dans la confiance en soi. Même si je suis frustré de n’avoir pas fait ce trail, je suis convaincu que c’était plus sage. J’y gagne en contrepartie en prévention des blessures et en gestion du mental.

J’avais prévu de faire une coupure après cette course pour me rafraîchir physiquement et mentalement. Cet abandon est l’opportunité de la faire plus tôt et de prendre de l’avance. J’aurai plus de temps pour commencer et faire ma nouvelle préparation ! D’ailleurs je profite de cette pause en course à pieds pour me faire un mois en salle : renforcement musculaire et stretching au programme!!!

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Cet article est en partie inspiré du livre TRAIL RUNNING, Préparez vos défis

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